Podcast en français
Taille du texte
Radio nationale bulgare © 2025 Tous droits réservés

Les écueils de la réforme judiciaire

Photo: Archives

Ces derniers jours, les rues de Sofia sont de nouveau le théâtre de manifestations qui opposent devant l’édifice de l’Assemblée nationale les adeptes et les opposants à la réforme judiciaire en Bulgarie. Certes, ils ne sont pas aussi nombreux qu’il y a deux ans lorsque les Bulgares descendaient dans la rue chaque soir pour protester contre le gouvernement en place et ses dépendances oligarchiques malsaines, mais le fait est que cette fois encore nos compatriotes ont souhaité dire leur mot, et surtout, se faire entendre…

Si vous suivez l’actualité bulgare, vous savez que depuis hier, un « compromis historique » a été obtenu et le premier ministre Boyko Borissov a réussi à concilier les positions des uns et des autres, même si le prix de ce compromis reste très élevé. Ce qui explique l’allusion faite quelques heures avant l’accord par le co-président du Bloc réformateur Radan Kanev à une possible dissolution de l’Assemblée nationale et à la convocation de nouvelles législatives. Dieu merci, il n’en fut rien et la réforme judiciaire aura bien lieu, même s’il ne reste plus que son squelette…

La modification la plus importante, à savoir le vote à main levée au Conseil supérieur de la Magistrature, a été sacrifiée sur l’autel du compromis historique. Le vote secret est maintenu, ce qui mettra toujours en doute l’impartialité des magistrats. Sinon, l’idée de la réforme consiste à restructurer le modèle même du fonctionnement et de la gestion du système judiciaire, de sorte à couper les fils de ses dépendances externes. Et vu les réticences acharnées et violentes qu’elle a déclenchées, on peut en déduire qu’il s’agit d’un succès, un vrai ! Surtout quand on sait que 90% des Bulgares ne croient pas en l’efficacité de la justice de leur pays…

Sinon, il faut savoir que le pouvoir judiciaire en Bulgarie a toujours été orchestré par une élite qui a vu le jour au lendemain des changements démocratiques de 1989. Elite qui baigne dans l'opulence et la complaisance et qui trouve tout à fait confortable le statu quo. En clair, elle refuse que cela change, ce qui est tout à fait compréhensible, car pendant 45 ans, le système judiciaire en Bulgarie a été une notion vidée de sens, complètement fossilisée, et les pouvoirs et compétences étaient transférées /usurpées/ par le parti communiste omnipuissant. Une réalité qui, même 25 ans après le début des changements démocratiques, est lourde à assimiler et surtout à changer. Or, c’est ce que Bruxelles attend de nous - briser les chaînes des servitudes politiques et économiques et opérer la véritable séparation des pouvoirs en Bulgarie.





Последвайте ни и в Google News Showcase, за да научите най-важното от деня!

Tous les articles

Rossen Jéliazkov а félicité Friedrich Merz pour sa victoire en Allemagne...

Le premier ministre Rossen Jéliazkov a félicité sur le réseau X les conservateurs allemands du CDU/CSU et leur leader Friedrich Merz pour leur "victoire électorale impressionnante". Jéliazkov a indiqué qu'il espérait, à l'issue de ces élections pour le..

Publié le 24/02/25 à 09:00

Le président bénéficie du plus haut taux de confiance

Parmi les personnalités politiques en Bulgarie, c’est le président Roumen Radev qui bénéficie du taux de confiance le plus élevé chez les électeurs, soit 46,7%, suivi du premier ministre Rossen Jélyazkov (18,9%), le chef de file de GERB, le plus..

Publié le 21/02/25 à 16:23
Калин Джорджеску

Kaléidoscope des Balkans

Calin Georgescu reste le favori pour le poste présidentiel en Roumanie Calin Georgescu qui avait remporté le premier tour de la présidentielle en novembre 2024, annulé par la suite, en tant que candidat indépendant, reste le candidat préféré des..

Publié le 21/02/25 à 13:17