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Pourquoi le phénomène Syriza/Podemos ne se produira pas en Bulgarie?

Alexis Tsipras
Photo: EPA/BGNES
La victoire de SYRIZA, le parti de la gauche radicale en Grèce, puis la nomination de son chef Alexis Tsipras à la tête du nouveau gouvernement a fait hérisser le poil de l’Europe, surtout après les menaces proférées par le nouvel homme fort à Athènes sur un changement politique radical dans son pays. Une chose est sûre, la victoire de SYRIZA a donné des idées du côté de l’Espagne où le mouvement analogue PODEMOS compte prendre sa revanche lors des prochaines élections législatives. Le virage à gauche dans ces deux pays a été précédé d’une vague de mécontentement contre l’austérité, les coupes sombres dans le budget, le chômage galopant et le racket des banques sur les hypothèques. Situation qui est connue en Bulgarie mais qui a peu de chance d’aboutir à une telle éruption de la gauche radicale. Car si les règles du jeu en Grèce sont dictées par la troïka UE, BCE et FMI, dès le début des changements en 1989, la Bulgarie s ‘est vue imposer le modèle économique néo-libéral du FMI et de la Banque mondiale. Quant à la gauche, elle reste toujours incarnée par les camarades de l’ancien Parti communiste /aujourd’hui Parti socialiste/, à laquelle s’ajoute le tout nouveau mouvement ABV, aujourd’hui partenaire au gouvernement de centre-droit de Boyko Borissov, et le parti populiste Ataka qui n’a de force que de brailler sans plus ! Cette même gauche qui est à l’origine de la généralisation de l’impôt unique à 10% et d’une hausse symbolique des allocations familiales et des pensions de retraite.

Sur cette toile de fond et même si elle est beaucoup plus pauvre que la Grèce, la Bulgarie semble être loin des idées radicales et osées de SYRIZA et PODEMOS. Rappelons qu’Alexis Tsipras a remporté les élections grâce à son programme utopique d’effacement substantiel de la dette, de création de 300 000 nouveaux emplois et du versement d’une 13e pension de retraite, sans oublier la main tendue à tous les débiteurs qui n’arrivent pas à payer leurs traites. Et si l’on fait abstraction de ce populisme, le nouveau gouvernement à Athènes à toutes les chances d’endiguer la corruption et de remplir les caisses de l’Etat en obligeant les oligarques à payer leurs impôts. Problème auquel est également confrontée la Bulgarie et dont la solution pourrait être trouvée dans un système judiciaire efficace.

Bref, la Bulgarie n’est pas la Grèce et tout porte à croire que la misère et la corruption qui mettent un frein au développement économique du pays ne sont pas en mesure de réveiller la conscience nationale au point de voir émerger de la vague de mécontentent une nouvelle formation politique.




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